La question des minorités

Vignettes «Exigez le respect du français», L'Almanach de la langue française, Montréal, Ligue des Droits du français, 1921, p. 71, 81 et 112). Collection LAN.

Vignettes «Exigez le respect du français», L'Almanach de la langue française, Montréal, Ligue des Droits du français, 1921, p. 71, 81 et 112). Collection LAN.

Pour les rédacteurs de L’Action française, la nation canadienne-française n’est pas rattachée à un territoire bien défini : ce sont la langue, la foi, la culture et l’histoire qui unissent ses membres. Il n’est donc pas question de défendre les droits des francophones dans la province de Québec seulement, la revue fera de la défense des minorités françaises l’une de ses priorités.

Vers 1911, on trouve plus de 200 000 francophones en Ontario, et près de 90 000 dans les provinces de l’Ouest. Ces gens sont souvent privés d’écoles ou même de prêtres français ; pourtant garanti par la constitution, leur droit à des institutions françaises est partout battu en brèche. Ce sont surtout ces communautés que défend L’Action française, puisqu’elle ne peut légitimement revendiquer de droits pour les dizaines de milliers de Canadiens français émigrés en Nouvelle- Angleterre, et qui forment souvent le quart de la population de villes comme Manchester, Lowell, Woonsocket, Worcester. Un peu partout, des groupes d’Action française se forment. Mais le Canada français auquel la revue s’adresse n’est pas seulement éparpillé, il est souvent pauvre : élèves de pensionnats, prêtres, petites gens, qui ont parfois du mal à payer leur abonnement.

1917 à 1932 — L'Action française
La question des minorités