Ça mijote sous le couvercle...

Lettre de Pierre Bailly, 19 décembre 1945. CRLG, Fonds Anatole-Vanier (P29/F,91).

Lettre de Pierre Bailly, 19 décembre 1945. CRLG, Fonds Anatole-Vanier (P29/F,91).

La période 1933-1948 se caractérise, chez les nationalistes, d’abord par une réaction à la catastrophe de la crise économique, et ensuite par un repli défensif face à la conscription et à l’empiétement toujours grandissant du gouvernement fédéral dans les domaines de compétence provinciale. On est encore loin de l’effervescence et de la prise en mains des Québécois qui caractérisera la Révolution tranquille. Mais la lutte se poursuit sans relâche, dans les journaux, par des lettres, par la formation de nouvelles associations.

À partir de 1936, les Canadiens français ont un nouvel outil pour s’exprimer et pour diffuser un français de qualité : la Société Radio-Canada. La même année, Ottawa adopte enfin la monnaie bilingue. En 1937 a lieu le deuxième Congrès de la langue française, auquel les membres de L’Action nationale participent activement. On y crée un comité permanent de la survivance française. L’Action nationale continue à demander inlassablement la francisation des services publics. Elle poursuit aussi activement son œuvre d’édition, se tournant résolument vers les essais à caractère politique. Mais elle n’est pas seule dans le combat : la Société Saint-Jean Baptiste, fondée en 1834, est toujours à ses côtés. Les organisations de jeunesse, comme les Jeunesses Laurentiennes, sont plus vivantes que jamais. On voit aussi apparaître l’Académie canadienne-française (1944) et des organisations professionnelles comme l’Association canadienne des éducateurs de langue française (ACELF, 1948).

Notons en fin de période la publication du Refus global, qui crée des remous dans les milieux de l'art et secoue les autorités qui réagissent promptement. Les signataires connaîtront la réprobation sociale, le peintre Borduas perdra même son poste de professeur. L'Action nationale ne réagit pas à l'événement.