Les États généraux du Canada français

Les États généraux du Canada français, assises nationales 1967, L'Action nationale, volume LVII, numéro 6, février 1968. Collection LAN.

Les États généraux du Canada français, assises nationales 1967, L'Action nationale, volume LVII, numéro 6, février 1968. Collection LAN.

L’idée d’organiser des États généraux de la nation est lancée par la Société Saint-Jean-Baptiste. En 1966, Rosaire Morin prend en main la direction de l’organisation. Dès le départ, le projet va vivre une tension, qui ira croissant, entre les tenants du fédéralisme et ceux qui envisagent la création d’un État indépendant pour assurer l’épanouissement de la nation. Au même moment se déroulent les travaux de la Commission royale d’enquête sur le bilinguisme et le biculturalisme, que préside l’ancien directeur de L’Action nationale, André Laurendeau.

Lors des assises nationales des États généraux de novembre 1967, les Canadiens français de toutes les provinces sont conviés à prendre part à la grande réflexion. La délégation hors Québec ne représente que 17 % des délégués, un chiffre équivalent à la proportion des francophones hors Québec. Le professeur Jacques-Yvan Morin préside les travaux auxquels assistent plus de mille délégués. La rupture se concrétise lors d’un vote sur l’avenir constitutionnel du Québec, lequel, selon les délégués québécois, serait plus à même d’aider les minorités en quittant la fédération canadienne. Les représentants de l’Ontario, en particulier, sont outrés, et la plupart d’entre eux ne se présenteront pas aux assises de 1969, faisant chuter la part hors Québec à 11 %. La loi sur les langues officielles, adoptée à Ottawa cette année-là, donne bon espoir aux minorités francophones, qui préfèrent dès lors miser sur le gouvernement fédéral pour la défense de leurs droits. La fracture entre les minorités et la majorité se produit au moment même où le rêve de Laurendeau d’un Canada binational et biculturel est enterré.

1949 à 1969 — La Révolution tranquille
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