Maîtres chez nous

Billet pour le Banquet-causerie «L'impasse constitutionnelle : y a-t-il des solutions?», 24 avril 1966 à l'Hôtel Windsor. CRLG, Fonds Ligue d'Action nationale (P20/B3,C7).

Billet pour le Banquet-causerie «L'impasse constitutionnelle : y a-t-il des solutions?», 24 avril 1966 à l'Hôtel Windsor. CRLG, Fonds Ligue d'Action nationale (P20/B3,C7).

En 1960, le gouvernement libéral de Jean Lesage arrive au pouvoir, délogeant l’Union nationale qui règne en maître depuis seize ans. Avec son slogan accrocheur « Maîtres chez nous » et son équipe « du tonnerre », il ouvre les vannes du changement. Les créations se succèdent, qui répondent à des demandes cent fois répétées depuis le début du siècle : l’Office de la langue française, créé en 1961, remplira, surtout à partir de 1977, le rôle de chien de garde que s’était donné L’Action française. Une délégation générale du Québec est ouverte à Paris. Le ministère de l’Éducation naît enfin en 1964, et plus tard le réseau de l’Université du Québec, Radio-Québec, le ministère de l’Immigration...

Pendant ce temps, L’Action nationale continue à consacrer des énergies considérables à la révision de la place du Québec et du Canada français dans la fédération canadienne : quelle formule politique permettrait de répondre aux aspirations des francophones, dans le cadre de ce pays où ils se sentent de plus en plus à l’étroit ? Cette réflexion est le fruit et l’expression d’un changement culturel majeur : les Canadiens français du Québec se définissent de plus en plus comme une majorité sur leur territoire plutôt que comme une minorité au Canada. Bientôt, ils se désigneront comme Québécois.