Remous à L’Action nationale

Lettre de Pierre Laporte, 1957. CRLG, Fonds Anatole-Vanier (P29/F,77),

Lettre de Pierre Laporte, 1957. CRLG, Fonds Anatole-Vanier (P29/F,77).

Les années 1950 marquent le début de la guerre froide. Un peu partout les sympathies pour les idées de gauche sont tenues pour suspectes. Au Québec, les influences personnalistes et les courants les plus affirmés du catholicisme social connaissent une vigueur certaine, ce qui ne va pas sans inquiéter ceux que la peur des « communistes » amène à se méfier des réformes sociales aussi bien que des revendications de laïcisation.

Au sein de L’Action nationale, des divisions commencent à apparaître vers 1952, alors qu’Anatole Vanier, l’un des fondateurs de la Ligue des droits du français toujours actif, exprime à Lionel Groulx sa méfiance à l’égard des tendances gauchisantes et anticléricales de certains jeunes collaborateurs. Il reproche aux Pierre Laporte (directeur de la revue de 1954 à 1959), Jean-Marc Léger, Pierre de Grandpré et Pierre E.Trudeau, et même dans une certaine mesure à André Laurendeau, de mêler trop la politique à L’Action nationale, de vouloir imposer leur ligne de pensée à la Ligue et de trahir l’esprit des fondateurs. La tension ira grandissant jusqu’à l’éclatement, alors qu’en 1956-57, Vanier et ceux qu’il fustige s’affrontent dans les pages de la revue. Léger écrit qu’il faut édifier une véritable gauche nationale, et que ceux qui refuseraient d’en faire partie seraient « les plus dangereux ennemis du véritable nationalisme canadien-français ». C’est une thèse qui heurte de front plusieurs membres de la Ligue, qui claquent la porte. Le brassage d’idées ne va pas sans le renouvellement des effectifs.

1949 à 1969 — La Révolution tranquille
Remous à L’Action nationale