Quel avenir pour le Québec ?

L'Action nationale : couverture du numéro 10, volume LXXXIV, 10 décembre 1994.

Rosaire Morin, Le Québec, un pays à portée de main!, L'Action nationale, 750e numéro, 2e édition, volume LXXXIV, numéro 10, 10 décembre 1994. Collection LAN.

La recherche des modèles politiques et des formules constitutionnelles va dominer largement la vie politique québécoise des années 1960 à la fin des années 1980. Politiciens et intellectuels débattent non seulement pour établir des voies de développement pour le Québec, mais aussi pour répondre à l’injonction lancinante qui leur vient du Canada : « What does Québec want ? » La recherche de la reconnaissance formelle de la différence québécoise passe rapidement du rejet par le Canada de la thèse des deux nations à la proposition de devenir un groupe ethnique parmi tant d’autres dans le Canada multiculturel. La revue d’André Laurendeau ne peut évidemment pas cautionner pareil recul : le Québec n’est pas une province comme les autres, c’est le seul État où notre peuple peut choisir les voies de son développement.

Pour assurer son existence et consolider sa position, L’Action nationale se dote en 1973 de la Fondation Esdras-Minville, qui recueille dons et legs, et dont les revenus s’ajoutent à ceux des abonnements et de la publicité. Depuis la fin des années 1980, la création du prix André-Laurendeau témoigne de son côté de la volonté de reconnaître et stimuler la qualité des collaborations à la revue. Celle du prix Richard-Arès, destiné aux auteurs d’essais publiés au Québec, encourage la réflexion sur les grands enjeux de société et la culture nationale.